Korogaï

Religion

Le culte des dieux représente certainement l’une des parts les plus importantes de la vie des Korogaï : presque toutes leurs activités leur sont dédiées. La manière de révérer les divinités peut varier selon le moment et l’effet attendu, allant de la simple prière muette d’un individu aux rituels les plus élaborés, réunissant l’ensemble des membres d’un clan ou les élites d’une tribu. À l’échelle clanique ou tribale, les duÿri sont responsables de l’organisation des cérémonies visant à s’offrir les faveurs divines.

Les trois principes spirituels de l'individu

Selon les croyances partagées par les enfants de Koro, il existe trois principes issus du monde spirituel qui permettent d’animer le corps matériel des Korogaï au sein de l’univers physique.

Le Xî (l’esprit)

Associé à l’élément du feu, il correspond à la perception et à la pensée. C’est la partie consciente et rationnelle, comprise comme une lumière éclairant l’obscurité du monde matériel afin d’y guider le Bâ pour l’aider à accomplir sa destinée. Lors du Grand Jugement, au moment de la mort, la déesse Mamanikam vérifie si ce destin est accompli et a respecté le code de droiture dans le monde matériel et lui attribue une destination finale : illumination, réincarnation ou destruction.

Le Mû (le corps spirituel)

Assimilé à l’eau, il est envisagé comme une projection ou comme une sorte de double du corps matériel au sein du monde spirituel, que le Xî peut rejoindre lorsqu’il traverse l’Interstice. Il correspond aux émotions, sensations et passions du subconscient, et est mis en mouvement par le Bâ.

Le Bâ (l’âme)

Correspondant à l’air, c’est le souffle qui permet d’animer le corps et d’attiser l’esprit. Il est associé à une destinée qui demande à s’accomplir. Le Bâ individuel est lié au Bâ collectif du clan, et à plus grande échelle, au Bâ de la tribu, voire au Bâ de Koro que se partagent tous ses enfants.

Le flux spirituel

En traversant l’Interstice, le monde spirituel laisse une trace dans l’univers physique, une empreinte d’essence divine accessible aux esprits entraînés ou aux machines adaptées, et que l’on nomme par convention « flux spirituel ». Certains l’assimilent au Cordon Ombilical de Koro autorisant ses enfants à conserver un lien intime avec la Grande Terre-Mère. Il est dit que c’est ce courant mystique qu’empruntent les dieux afin de rejoindre le monde matériel et d’en outrepasser les lois physiques. L’arc-en-ciel en est le symbole et, selon certaines tribus, la concrétisation matérielle planétaire du flux spirituel.

Certains lieux ou artefacts sont parcourus par un plus grand flux spirituel, favorisant l’accès à l’Interstice séparant le monde matériel de l’Au-delà. On trouve notamment parmi ces points de transition de nombreux temples consacrés aux dieux, certaines régions naturelles ou certains sites mystiques ancestraux, au cœur des villes, certaines ruines, monuments, vestiges des anciens temps et des anciens cultes, ou encore des représentations picturales ou sculpturales de divinités.

Le calendrier et les rites religieux

Bien que les jours et les saisons diffèrent selon leur planète d’origine, les Korogaï respectent tous un calendrier religieux similaire basé sur la période de révolution de l’astre qu’ils habitent. Celui-ci est organisé en douze mois, chacun consacré à l’une de leurs divinités principales : Alzim, Torpula, Kialokaï, Alvali, Tornaroï, Kiotin, Alosh, Torletroï, Kitonka, Alnoïl, Toraïzel et Kimanikon.

Au cours de l’année, quatre grandes fêtes religieuses ont lieu, organisées différemment selon les origines régionales et planétaires, mais présentant un symbolisme mythique commun : le Niâteb à l’équinoxe de printemps pour fêter les semences, le Niâzangul au solstice d’été en faveur de la glorieuse folie, le Niâklobi à l’équinoxe d’automne représentant l’avènement des jours sombres, et enfin le Niâmaz au solstice d’hiver pour célébrer la victoire sur les démons.

Outre ces quatre grandes fêtes annuelles, les Korogaï ont pour habitude d’organiser de nombreuses autres cérémonies, de plus ou moins grande ampleur, généralement dans un but spécifique : pour bénir une naissance, avant de monter au combat, pour permettre à l’âme des défunts de s’en retourner vers la divine Koro…

Le rituel d'initiation

Il s’agit d’une cérémonie permettant aux enfants de passer à l’âge adulte (généralement entre douze et seize ans), et ainsi d’être considérés comme des Korogaï à part entière. La grande majorité des tribus korogaï possèdent un rituel d’initiation spécifique, qui suit le plus souvent un schéma similaire sur une durée de sept jours (parfois cinq, parfois dix ou douze) :

1er jour : le nouvel initié est conduit au sanctuaire où il procède à diverses formes de purification afin de prendre conscience de sa nature divine, puis on lui enseigne la perception de l’énergie spirituelle.

2ème jour : Le jeune Koroga en devenir reçoit un ou plusieurs artefacts, différents selon la tribu ou le clan auquel il appartient : collier, bracelet, figurine, ou autres ; puis les grands mythes lui sont contés, depuis l’Avènement de Koro jusqu’au Déluge.

3ème jour : L’histoire de l’ancêtre de la tribu ou du clan est racontée à l’initié, avant que celui-ci soit symboliquement présenté à son aïeul.

4ème jour : Le jeune Koroga laisse l’esprit de son ancêtre le posséder, généralement par la prise d’ondiris ou d’autres substances à fort impact spirituel, ce afin d’associer son propre destin à celui de sa tribu ou de son clan.

5ème jour : L’initié doit accomplir une épreuve sur le modèle de celle qu’affronta jadis l’ancêtre de la tribu ou du clan afin de prouver aux autres Korogaï qu’il est digne de son aïeul mythique.

6ème jour : S’il a réussi l’épreuve, alors l’adolescent est revêtu du costume de son ancêtre, éventuellement assis sur un trône, et sa famille et ses proches viennent se présenter à lui. En revanche, s’il a échoué à l’épreuve, il doit rendre tous les artéfacts associés aux divinités et devra recommencer le rituel l’année suivante.

7ème jour : Une grande fête est organisée en l’honneur des nouveaux membres de la tribu ou du clan.

La mort

Les tombeaux
 

Les sépultures plongent dans les profondeurs de la terre, où des galeries suivent des ramifications correspondant plus ou moins à l’arbre généalogique du clan ou de la tribu. Après avoir prolongé le couloir à partir de celui où se trouvent ses aïeuls récents, le corps du défunt est placé dans une cavité à même le mur. Au sein de ces monuments aux morts catacombesques sont creusées des cryptes spéciales de taille plus conséquente pour les familles d’aÿri, les duÿri ou d’autres membres du clan reconnus pour leurs exploits.

Le lien avec l’esprit du défunt

Afin de conserver le contact avec l’esprit d’un mort, il existe une technique consistant à transformer son caveau en « cuve de conservation », baignée d’un liquide empêchant la décomposition du corps. Une machine connectée à la structure cérébrale permet alors de se connecter à son flux spirituel et de dialoguer avec l’esprit du défunt parti pour l’Au-delà.